
Je suis dans un état bien particulier pendant la peinture et il est difficile de le décrire. Je vous citerai simplement un extrait du livre "L'élégance du hérisson"
de Muriel Barbery à placer dans un "contexte peinture" (remplacer lignes par pinceaux, papier par toile, phrases par formes...) :
"Lorsque les lignes deviennent
leurs propres démiurges, lorsque j'assiste, tel un miraculeux insu, à la naissance sur le papier de phrases qui échappent à ma volonté et, s'inscrivant malgré moi sur la feuille, m'apprennent ce
que je ne savais ni ne croyais vouloir, je jouis de cet accouchement sans douleur, de cette évidence non concertée, de suivre sans labeur ni certitude, avec le bonheur des étonnements sincères,
une plume qui me guide et me porte.
Alors, j'accède, dans la pleine évidence et texture de moi-même, à un oubli de moi qui confine à l'extase, je goûte la bienheureuse quiétude d'une conscience spectatrice."
Muriel BARBERY, l'élégance du hérisson.